Mardi 24 janvier 2012
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Ce week end, je me suis rendue compte d'une chose absolument dramatique : je suis devenue une vieille conne.
Oui, parfaitement, de ces personnes qui, en vieillissant, deviennent aigries et pénibles, râleuses et acariâtres.
Il faut dire, à ma décharge, que ce n'est pas entièrement de ma faute. Voyez-vous, comme j'en ai parlé à maintes reprises sur ce blog, j'ai quelques soucis de sommeil. Insomniaque invétérée, mes
nuits sont aussi précieuses que vos jours, mon sommeil est un trésor sur lequel je veille plus encore que la prunelle des yeux de ma progéniture.
Donc les soirs où Morphée m'appelle dans ses bras, je ne refuse jamais son invitation, même quand il n'est que 21h. Je chausse mes boules Quiès pour éviter d'être réveillée par une portière
qui claque à l'extétieur, des talons dans l'appart' du dessus ou encore les ronflements de mon Husqvarna préféré et je me glisse dans mes draps doux et parfumés, m'enveloppant de ma couette
moelleuse comme un loukoum.
Vendredi soir, j'étais donc partie me coucher vers 22h, prenant le train vers les contrées obscures du monde des songes, espérant une nuit de repos salvatrice de 12h minimum. Quand soudain,
vers 1h30 du mat', je suis réveillée en sursaut par un méga beat de la mort qui tue dans mon lit.
Oui, mon lit s'est mit à vibrer, à pulser plus exactement, sous les basses d'une musique provenant de l'appartement du dessous.
Sur le coup, je me suis dis nostalgiquement que les parents étant absents, les ados s'en donnaient à coeur joie en faisant une petite fête. Quoi de plus normal ? Il faut bien que jeunnesse se
passe...
Mais quand le son a continué d'augmenter, que même avec les boules Quiès j'entendais toujours la musique, j'ai commencé à me dire que c'était un poil casse-couille cette fête.
Puis, les heures ont tourné et à 3h du mat', j'ai craqué ! Impossible de me rendormir avec le volume sonore qui résonnait dans ma chambre, entre les derniers hits du moment à fond les ballons et
les bons vieux tubes version karaoké plus criés que chantés, j'en pouvais plus !
Oui alors là, c'est râpé pour le respect !
Je me suis tatée un moment : est-ce que je supporte encore cette musique toute la nuit, laissant les jeunes vivrent leur vie, s'amuser, faire la fête tant qu'ils peuvent encore en profiter... ou
est-ce que je descends leur passer une charge, les sermonnant sur le tapage nocturne et leur donnant une image de vieille conne à vie ?
Mon sommeil a eu raison de mon image auprès des jeunes de la résidence : j'ai décidé de descendre les ramoner.
J'ai enfilé mon peignoir (en satin pour le côté MILF tout de même) et je suis descendue à l'étage inférieur. Sauf que... la musique était si forte qu'ils ne
m'ont jamais entendu sonner à la porte.
Je suis bien restée dix minutes à la porte, à sonner comme une demeurée pendant qu'ils beuglaient comme des chameaux sur une chanson de Lady Gaga ou Dieu sais-je quelle autre monument du genre.
En peignoir, nuisette et pantoufles dans le couloir, à rappuyer sur la minuterie toutes les 3 minutes, à sonner, resonner et sonner encore, la tête dans le cul, les yeux en descente de lit et le
cheveux en paillasson... Une vieille folle ou une vieille conne, voilà l'image que j'ai vu dans le miroir de l'ascenseur quand je suis remontée chez moi.
Légèrement en colère, voire à deux doigts de me transformer en harpie, j'ai décidé de zénifier la situation en repenant mon bouquin en attendant que les jeunes se fatiguent et que mon sommeil
reviennent... tout en marmonnant que dès le lendemain, je ne me gênerai pas pour aller leur toucher un mot ou deux sur leur comportement nocturne, mieux encore, j'irai voir la mère dès son retour
pour lui faire part du comportement irrespectueux de ses rejetons par rapport aux habitants de la résidence.
Et puis j'ai dormi dessus, et le lendemain - à part une furieuse envie d'aller sonner à leur porte à 8h du mat' pour les emmerder - ma colère était retombée et j'avais encore plus le sentiment
d'être VRAIMENT devenue une vieille conne qui ne supporte plus ce que moi-même je faisais quelques années en arrière...
Je vous le dis, c'est moche de vieillir !

Vos murmures