Mercredi 11 octobre 2006
Un mois que je n'ai pas écrit !

C'est fou ce que le temps passe vite.
Entre la rentrée des classes, la routine à installer, les démarches pour le déménagement, la recherche de papiers peints et de meubles pour la nouvelle maison, ajoutez à cela la fatigue de ce début de grossesse plus difficile que je ne le pensais.... je n'avais même pas le courage de venir raconter ma vie insipide.

Je suis vraiment fatiguée. J'en reviens pas parce que pour ma première grossesse, j'étais en pleine forme, je sortais, j'allais au ciné, à des concerts, à des soirées entre amis, j'ai même été à la foire du Trône faire du Grand Huit !
Mais là, non ! Je suis une chose qui se traîne, avec l'énergie d'un caramel mou, la force d'une éponge humide et la volonté d'une huître farcie....
Pourtant, j'ai tant de choses à faire et je suis tellement heureuse de quitter ce petit appartement pour une tite maison où on se sentira enfin chez nous.
Surtout quand on aura refait le salon dans les tons de chocolat et framboise, assorti à notre nouveau canapé framboise !
Pas simple de trouver ce que je voulais. La peinture, trop compliquée et trop de temps pour le faire, sans compter les odeurs qui risquent d'être dangeureuse pour le bébé, je me suis rabattue sur le papier peint. Mais heureusement, je suis tombée sur une super conseillère à Saint Macloud qui m'a trouvé les teintes que je voulais à un prix fort raisonnable... par contre, j'ai craqué sur des rideaux en velours chocolat à 13,90 le m ! Tant pis, je me fais plaisir... c'est tout de même moi qui vais passer mes journées à la maison, autant que mon intérieur me plaise.

Encore des papiers et des démarches à faire, et bientôt, nous serons dans nos murs. Nous avons les clés le 26 octobre, et nous déménagerons sur le 27/28...
Possible que nous n'ayons pas internet tout de suite, c'est un peu pour cela que je viens mettre à jour mon blog aujourd'hui, histoire de ne pas disparaître dans l'infini néant des limbes ténébreuses (private joke inside) !

Pour en revenir à mon état lamentable, je sais qu'il a plusieurs facteurs à cela. D'abord, chaque grossesse est différente, je le sais bien.
Et puis, Jules est parti depuis le 1er septembre travaillait à Désertines et ne rentre que les week ends. Alors oui, gérer la maison seule, fatiguée, avec une petite fille de 3 ans dans la fleur de son âge, c'est fatiguant ! Surtout que la puce nous fait bien payer tous les changements de sa petite vie, notamment que son Poupou soit parti sans nous, ça la gravement perturbé au début, jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il rentrerait tous les week ends...
Et puis le stress du déménagement, du fric fou que ça coûte, etc etc.... oué, ça me fatigue !
Sans compter ma mère évidemment, qui pour changer, continue de me harceler parce que je devrais faire "comme-ci" ou "comme-ça" pour l'éducation de mes enfants, pour ma grossesse, pour mes cartons, pour mon ménage... et qui après pleure à moitié parce que je vais la quitter (je rappelle que je m'en vais à 80 km, soit 1h15 de route - Wahhou ! c'est trop loin !)...

Bref, j'ai un poids sur les épaules et j'ai hâte d'avoir fait ce déménagement pour me sentir plus légère et profiter de cette grossesse tant désirée, la partager ave mon homme, me reposer, m'épanouir aussi.... parce que si ça se voit sur mon visage (quand je suis maquillée hien, parce que au naturel, on voit surtout les cernes !), mon corps s'épanouit doucement. Certes, j'ai du ventre, on ne peut pas le louper, d'ailleurs, ça s'est vu tout de suite. Mais j'en suis à 4 mois de grossesse et seulement 2 kilos; Moi évidemment, ça me convient. Moins je grossis plus ça me ravie, mais je sais qu'il va falloir en prendre un peu plus mais avec le stress, ça serait plutôt l'inverse, j'ai peur d'en perdre... Y'a deux semaines, j'avais presque atteint mon 3ème kilos et ce matin je l'ai reperdu, à peine 52 kilos sur la balance...
Faut dire que l'appétit, c'est pas trop ça. A part le petit déjeuner du matin où je m'offre une orgie de lait, jus d'orange, tartine avec beurre et confiture, les autres repas s'avèrent plutôt une corvée qu'un plaisir. Rien ne me fait envie (sauf les sushis, mais là, c'est vraiment pas rentable !), et je mange parfois avec dégoût. C'est pas glop !
Blocage psychologique inconscient pour ne pas grossir, réelle fatigue qui bloque mon appétit.... j'arrive pas à me sonder. Du coup, je verrais après le déménagement, peut être que tout ira mieux après...

Voilà, rien de bien palpitant dans cette vie, mais j'arrive pas à mettre le doigts sur le truc qui va pas.
Hier soir, j'ai chialé comme une madeleine dans mon lit : fatigue, manque de sommeil car je n'arrive pas à dormir sans lui, manque de lui tout court, stress...
Vivement la fin du mois, que je reprenne du poil de la bête !

Allez, sur ce, je vais aller faire des cartons...

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Mardi 12 septembre 2006
Deux mois de nausées.... c'est sympa hein ?!!!

Cela m'a rappelé beaucoup de choses, mais rien à voir avec la grossesse...
Plutôt des années de problèmes alimentaires à l'adolescence, où la vue du moindre aliment me filait instantanément une gerbe icommensurable.
Pour ma première grossesse, je n'ai pas eu ce problème. Pas malade une seule fois, pas de nausées, pas de réminiscences désastreuses...
Mais là, il a fallu combattre au cours de ces deux derniers mois les démons de mes jours les plus douteux, revenus à la surface comme pour me rappeler combien je suis faible et combien la nourriture est un chemin de croix sur lequel je me casse la figure à la moindre incartade !

Parce qu'il faut le savoir, mais quand on est enceinte, on maîtrise rien, les nausées viennent avec la faim, et la faim est plus forte que tout et il faut l'assouvir, sauf que la nausée nous barre le chemin avec ses menaces de gerbe ! Or, il est hors de question que je vomisse, donc, il faut amorcer le combat !
Il faut manger pour faire passer la nausée qu'ils disent... Ahah ! Plus facile à dire qu'à faire !
Regarder pendant une heure un pain au lait et sa tasse de lait froid, les dompter par la pensée, les apprivoiser, expliquer à son estomac qu'on va effectivement mettre ces deux aliments à l'intérieur de lui et qu'il aura la tâche importante et sérieuse de les garder, de les transformer et de ne rien rejeter !
La concentration pour me nourrir, c'est ce que je déteste le plus au monde.

Et puis il y a l'envie de rien, aucune nourriture qui me fasse envie, aucun aliment qui me donne le goût de manger. Je me nourrirai que de thé si ça ne m'était pas proscrit... Du coup, je bois 2 litres d'eau minimum par jour, et je passe ma vie aux toilettes !
Je n'arrive même plus à manger les fruits et les légumes qui m'étaient si salvateurs en toute circonstance... Le goût à rien !

Et puis j'amorce le 3ème mois, je le vois pointer le bout de son nez dans quelques semaines, et comme si mon corps le savait également, il commence à se relâcher et à permettre quelques repas plus consistants et m'autorise même à la gourmandise (hier soir, des coups de cuillère dans le Crème de Saint Agur ! hummmmm !!!)...
Maintenant, le plus dur sera de ne garder aucune séquelles de ces deux mois, ne pas replonger dans la folie anorexique au sortir de la grossesse. Car si les mois qui viennent je sais que je vais bien manger, car mon instinct de mère domine mes instincts destructeurs, l'après grossesse me fait peur. Il suffira que je me regarde dans un miroir, que je constate les désastres alimentaires de neuf mois, des kilos superflus et du relâchement musculaire pour retomber dans l'oubli de me nourrir et la volonté farouche de perdre même ce qui ne peut partir !

Ne pas perdre d'idée que ne pas me nourrir ne me rendra pas plus jolie, mais au contraire, affaiblira la beauté qui peut vouloir émaner de ce corps détesté et détestable mais qui semble tant lui plaire... à lui !


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Vendredi 1 septembre 2006

Il ya quelques temps, je lisais sur le blog de quelqu'un dont je me sens proche, une chose qui me fait me sentir encore plus proche de lui, même si on ne se connait pas, même si nous sommes différents et que nos histoires doivent être différentes...

Il y a dans les histoires d'enfants, de méchants ogres qui font peur, et de vilains coups que l'on reçoit.
Dans la mienne, l'ogre c'est mon père, et ses coups n'étaient pas douloureux au sens physiques, mais inacceptables moralement. Comment celui qui t'a "créer" peut il avoir si peu d'amour en son coeur pour pouvoir frapper le fruit de son union ?

Il ya des choses qui nous échappe lorsqu'on est enfant... mais le comble, c'est quand ça nous échappe encore adulte !

Je lisais dans ce blog combien la personne avait le sentiment de s'être toujours battue, d'avoir serrer les poings pour pouvoir avancer malgré les coups qui tombaient.
Ce sentiment d'impuissance, je le connais : serrer les dents à s'en faire péter l'émail, bander les muscles en pensant que ça fera moins mal, serrer les poings jusqu'à ce que les ongles pénètrent la paume de la main, tenter d'oublier ce corps où il pleut des coups, retenir les larmes pour ne pas donner satisfaction à l'autre... seule victoire que l'on peut avoir sur lui, sur sa force, ne pas lui laisser croire qu'il a gagné, même si au fond, on sait qu'on a perdu !

On met parfois du temps à accepter cette condition "d'enfant battu". Mais il ne faut pas le nier.
Même si oui, je n'ai jamais fini à l'hosto, oui, je n'ai jamais eu de bras cassé ou d'hématomes assez violents pour qu'on puisse cataloguer ça dans un répertoire de cas social.
Certes, rien n'était visible pour le commun des gens, mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de marques qu'il n'y a pas de cicatrices. Les séquelles de cette enfance m'ont marqué à jamais, et sont sans doutes à l'origine de bien d'autres problèmes. J'imagine que le seul moyen de rebellion que j'ai pu trouver, c'était de m'autopunir par l'alimentation....

Je n'ai pas pardonné à mon père pour ses coups. En revanche, j'ai appris à comprendre pourquoi il avait été comme ça. J'ai su que pendant son enfance, c'était ainsi dans sa famille, et j'ai appris aussi que cette famille n'était pas capable d'aimer...
Mais je ne pardonnerai pas pour autant. Parce qu'aujourd'hui je suis mère, et que bien qu'il m'ait fait subir les coups qu'il avait reçu enfant, mes enfants ne subiront pas les miens.
Simplement parce que j'ai appris à aimer, et que c'est ma planche de salut !


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Mardi 22 août 2006
Les jours passent, mais je n'ai jamais trouvé les semaines aussi longues, et à la fois aussi courtes...

En même temps, d'ici une douzaine de jours, je vais me retrouver seule. Enfin seule avec ma puce.
Jules s'en va travailler à 100 bornes et ne rentrera que les week ends. Et ça, pendant deux mois...
Nous n'aurons notre nouvelle maison que le 1er novembre, et en attendant, il va falloir se passer de lui.

Je déteste être seule, sans lui. Sans lui pour parler, discuter, me confier, me réconforter, me câliner.
C'est comme une amputation quand il est loin de moi. Comme si il me manquer un organe, quelque chose dont je peux me passer, mais qui me manque terriblement.
Je sais que ce n'est que pour deux mois, c'est à dire rien du tout, mais ça me stresse. D'autant que ces dernières semaines, je me suis énormément reposée sur lui, vu mon état lamentable de loutre en gestation. Il s'est occupé de la maison, de la puce, de la cuisine (je peux plus faire à manger sans avoir le teint qui vire au vert et une incroyable envie de courir aux toilettes) et de moi.
A partir du 1er septembre, il va falloir que je me reprenne en main, que je me force à sortir de mon canapé ou de mon lit pour emmener la puce à l'école, faire les courses, le ménage, et la cuisine (surtout la cuisine). Il faut que je me motive... bien que je n'y sois pas vraiment pour grand chose, j'ai la sensation d'être une loque, une chose inerte et sans vie, complètement fatiguée de ne rien faire, et en même temps, incapable de bouger la moindre parcelle de ce corps immonde.
Ce corps qui m'en fait baver. S'il avait volontiers accepté la première grossesse, celle-ci ne lui plait pas du tout, et à grand renfort de nausées, de coliques spasmodiques et autres désagréments dont je vous épargnerais les détails, il me le fait savoir ! A croire qu'il me déteste autant que je le hais !!!
Et cette fatigue constante, une lassitude contre laquelle lutter semble vaint, elle m'envahit, me submerge et m'ôte tout courage, toute motivation, toute envie de faire quoi que ce soit... j'arrive même plus à aller sur le pc pour écrire sur les forums ou sur le blog. Je ne parle même pas des photos, j'ai pas touché l'appareil depuis des lustres....
Vraiment, j'ai hâte de passer ce cap et de redevenir la jeune femme active que je suis en tant normal, parce que là, je m'insuporte vraiment, j'ai qu'une envie : me mettre des claques !

Voilà, j'ai fini de geindre sur mon sort, ça soulage, et c'est fait pour ça !

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Vendredi 11 août 2006
Il y a quelques semaines, je détestais parfaitement tout mon corps, dans son ensemble. Je le trouvais disgracieux, absolument mal proportionné, pénible, lourd et maigre à la fois...
Evidemment, quand on s'aime pas, on a du mal à être aimer. Comment Jules peut-il me trouver jolie, séduisante, sexy avec les seins que j'ai, le cul que j'ai, les jambes que j'ai, le bide que j'ai ?...
Alors, je l'évite, je le repousse, j'ai pas envie qu'il me touche alors qu'au fond de moi, je n'ai qu'une envie, qu'il me tienne dans ses bras...

Hier, je me trouvais hideuse, aujourd'hui j'accepte ce corps qui va enfin retrouver l'utilité d'il y a trois ans...Quelle complexité que les désordre du cerveau !
Bizarrement, quand je suis enceinte, je me trouve belle. Mon corps n'est plus un fardeau, il trouve enfin sa place dans ma vie, il a un but, il a un rôle. 
Porter un enfant en son sein, c'est le meilleur rôle de ma vie. Même si elle a son lot de désagrément, la grossesse est un évènement salvateur pour moi, comme si enfin, je comprenais à quoi sert le fait que je doive supporter mon enveloppe corporelle. Je vais pouvoir laisser de côté pour quelques temps, le combat entre moi et mon corps, oublier que ma tête est en total désaccord avec ce qu'elle voit quand je me regarde (ou pas !).
Pourtant, c'est totalement contradictoire, puisque mon corps va se déformer au cours des mois à venir, et devenir absolument difforme... mais ça ne me fait pas peur, ça ne me choque pas. Au moins mon corps sera vivant et non ce poid mort qui me poursuit inlassablement dans le miroir.
Je sais qu'au cours des huit prochains mois, je vais devenir et me sentir épanouie, que les kilos que je vais prendre vont me sied à merveille et que je vais semblais radieuse aux yeux de quiconque....
(enfin ça, c'est si ça se passe aussi bien que pour ma puce, manquerait plus que ça se passe pas aussi bien ! :p)

Le comble actuel, c'est que comme je m'aime mieux, j'ai envie de faire des tas de câlins avec Jules... sauf que c'est pas trop recommandé jusqu'au prochain rendez-vous chez l'obstétricien ! *hic*

L'avantage, c'est que d'ici le 5 septembre, j'aurai pris un bon bonnet de soutif de plus !



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