Oui au cul, parce que mes antibios, c'est en intra-musculaire qu'on me les administre.
Et oui, Melle Gima, je sais, on pourrait me les faire dans le bide, mais j'ai pas de gras du bide (juste un vieux bourrelet, reste d'une grossesse pas si lointaine)...
Bref, hier, nous nous quittions sur mon attente d'une intervention pour m'ôter l'objet du délit - ce connard de stérilet comme nous l'appellerons - qui donc, se baladait joyeusement au fin fond de mon utérus, entraînant avec lui moultes germes et bactéries et nourrissant ainsi mon sang de quantités de poisons plus nuisibles les uns que les autres.
Oui, mattez un peu comme j'ai l'art du résumé !
L'infirmière de nuit s'emmerde. C'est un fait.
En même temps, qui ne s'emmerderait pas à passer sa nuit au chevet de malades tous plus chiants les uns que les autres ?
Du coup, pour se venger, elle débarque sournoisement dans votre chambre à 5h30 du mat', en allumant grand la lumière, un thermomètre dans une main et une perf dans l'autre.
Et paf ! Vas-y que je te colle le truc dans le cul...
Bon en même temps, on a surveillé ma température comme ça toutes les deux heures histoires d'éviter l'effet cocotte minute.
C'est fort urbain, mais quand même, au bout d'un moment, t'as juste un peu l'impression que ton cul est un hall de gare.
Bref, une fois les quelques soins prodigués, elle éteint la lumière et me laisse de nouveau entrer dans mon état comateux, entre fatigue, douleur, et peur.
A 7h, re-belote.
Je vous la refais pas, le scénario est le même qu'à 5h30.
La douche à la Bétadine en plus, pour être prête pour l'opération, si un jour elle a lieu.
Du coup, j'en profite pour demander ce qu'il va advenir de moi dans les heures à venir, parce que j'ai toujours mal, je suis à jeun depuis la veille, je suis fatiguée... et j'ai toujours MAL, bordel !
Bien entendu, les infirmières n'en savent rien, il faut attendre le médecin de garde, qui n'est autre que : Dr FOUFOUNE !!!
Alors ça c'est fort !
Le gynécologue de garde en ce beau lundi de Pentecôte n'est autre que mon habituel Dr Foufoune, celui-là même qui doit m'opérer le 12 juin et qui voulait donc attendre cette date pour m'ôter ce connard de stérilet.
Y'a donc plus qu'à attendre mon sauveur...
Sauf que comme tous les messies, ben il s'est fait attendre le cochon !
L'a fait tranquillement sa grasse mat', fait son petit tour au golf, pris sa douche, abusé de l'after-shave... et a débarqué la bouche en coeur à 11h dans ma chambre en scandant :
« Alors qu'est-ce qu'elle a la p'tite dame ? »
Bon j'avoue que là, j'ai failli l'attraper par la cravate pour lui dire que la p'tite dame, ellle avait un mal de chien à cause de ce connard de stérilet qui se balade au fond de son utérus, et qu'elle allait lui coller dans le cul histoire de voir un peu ce que ça fait !
Mais je me suis contenté de faire « argh grrmmlfff mal grr arggheeuh bobo grmllff enlever moi ça fpfff ». En gros.
Il m'a répondu en souriant, « Et ben c'est parti, on descend au bloc ! »
Et là, tout s'est accéléré, j'ai pas eu le temps de faire ouf !
Deux brancardiers sont venus me chercher, m'ont descendu dans une belle salle d'opération toute neuve.
En arrivant, je suis tombée sur une infirmière-anesthésiste copine de ma mère que j'avais pas vue depuis des lustres et qui me promis de s'occuper de moi au réveil, ça j'avoue, c'était super réconfortant.
Puis, j'ai été prise en charge par deux infirmières super gentilles et rassurantes, malgré le fait qu'elle me m'installèrent dans la position la plus humiliante et ridicule qui soit pour une opération : couchée les deux pieds en l'air, la chatte au vent...
Oui, c'est le moment comico-tragique de mon histoire,
celle où on est partagé entre l'envie de rire et de pleurer.
Mais heureusement, est arrivé l'anesthésiste, le mec qu'est devenu instantanément mon nouveau super meilleur ami, grâce aux bouffées d'oxygène qu'il m'envoyé, histoire que je me détende. Merci M'sieur, je vous aime.
Mon Dr Foufoune est arrivé masqué, les mains en l'air comme dans les séries TV, ses yeux rieurs m'ont fait un clin d'oeil pour dire qu'on y allait et on m'a injecté de la drogue super puissante que j'ai même pas eu le temps de compter que je dormais déjà.
La suite du récit n'est pas singulièrement palpitante, si ce n'est que je n'avais plus du tout de douleurs au réveil, mais que j'ai continué à avoir pas mal de fièvre et que pour la peine, j'ai eu le droit de rester à l'hosto jusqu'à mercredi matin, avec alternance d'anti-douleurs, d'anti-inflammatoires et d'anti-bio.
Et puis mercredi 11h, Monsieur est venu me chercher, j'étais trop heureuse de rentrer enfin chez moi, de retrouver mon lit, mon oreiller et ma couette.... sauf que...
Souvenez-vous, je venais à peine de vous faire un signe de vie, quand je dus retourner illico d'où je venais, et en grande pompe s'il vous plait. Même pas eu le temps de passer une nuit chez moi...
Et ce fût le deuxième interlude de Monsieur, un brin angoissant et surtout très mystérieux...
Et comme je suis rien qu'une grosse counasse épuisée, je vous raconterai la suite et fin de mon aventure médicale au pays de la septicémie demain... même qu'il y'aura du suspens, de la peur, de la sueur, du vomi et des bactéries !
Allez, je retourne au lit !











Vos murmures