Avez-vous remarqué comme les classements fleurissent un peu partout autour de nous, comme des boutons d'acné sur le visage ingrat d'un ado
pubère ?
Dans les journaux, les magazines, à la télé, sur internet...
Je crois que le classement est devenu le sport préféré des français.
On classe tout.
Les blogs, les sites, les livres, les émissions de télé, les séries télé, les films, les chansons, la connerie...
Notre vie entière est faite de classements.
Même dans notre quotidien, je suis certaine que nous avons tous nos procédés de classement, que ce soit pour ranger nos effets personnels ou encore la paperasse... et que sais-je encore !
Les classement sont limites devenus indispensables à la société.
Tellement indispensables, qu'ils en deviennent ridicules.
Y'a qu'à voir les classements présentés par la chaîne préférée des veaux français : TF1.
Régulièrement, on a le droit aux 30 meilleures soupes de la chanson française, aux 50 meilleurs gags pourris de l'année, aux 20 évènements les plus étranges et chiants, aux 120 plus grandes stars
ringardes, les 10 films français les plus drôles au monde (oui, faut pas rêver, y'en a pas plus !)...
On pourrait d'ailleurs classer TF1 number one des classements.
Cette chaîne est sans doute la chaîne officielle des classements, je me demande pourquoi il n'y a pas encore eu un classements des meilleurs classements ?
En cette période de fin d'année, on ne va pas y couper, on va pouvoir en bouffer du classement !
Et ça a déjà commencé sur le net, avec le classement des blogs féminins, dont personne n'a pu loupé la surmédiatisation, étant donné qu'il s'agissait
du classement très scientifique, orchestré par la sacro-sainte plateforme de classement Wikio et la bible littéraire des femmes du monde, j'ai nommé ELLE.
Si vous n'êtes pas au courant, retournez dans votre tanière, vous avez raison d'hiberner, tout cela n'a aucun intérêt.
Pourquoi ?
Parce qu'un classement est toujours subjectif, quelque soit la manière de procéder.
Que ce soit de manière scientifique, à base de calculs et d'algorithmes savants ou à l'appréciation d'un jury ou encore du vote du public... le classement ne révèle souvent que la partie
émergée d'un iceberg.
Si en plus, on s'amuse à regarder de près les classements, on se gausse de la rigidité de forme de ceux-ci - réducteur pour certains, castrateur même pour d'autres - où la
thématique l'emporte sur l'expression, où le sujet est plus important que la façon dont il est traité, où il est plus simple d'insérer dans des cases que de se casser la tête à voire plus loin de
le bout de son nez.
Et si vous avez le malheur de ne pas avoir de "ligne éditoriale" et d'aborder tous les sujets... vous finirez dans les une catégorie inclassable ! Ahah !
Dans un classement, on ne voit que ce qui se montre, ce qui se défend, ce qui se fait de la pub... l'influence n'est pas ce que l'on croit, un phénomène de reconnaissance d'un talent ou
d'une capacité.
L'influence n'est jamais que la faculté de savoir se mettre en avant, défendre corps et âme son étendard et savoir le vendre !
Quitte à défrayer la chronique pour arriver à ses fins. Peut importe la façon de procéder, seul le résultat compte : faire parler de soi.... et obtenir le maximum de links de part et
d'autre de la blogosphère.
Les classements ne sont pas une réalité mais une vitrine. Une vitrine où s'expose uniquement ce qui se vend le mieux. Un échantillon de ce qui existe,
de ce qui est le plus rentable, mais pas forcément de ce qui se fait de mieux.
Certains mériteront effectivement leur place, d'autres non.
Mais cela restera encore et toujours subjectif.
Chacun a sa manière de classifier les choses, selon ses goûts, selon ses propres critères de sélection.
Ce que Pierre aime, Paul déteste, et vice et versa...
Les mélodrames qui se jouent autour d'un classement ne sont jamais que superficiels, et la gloire que l'on peut en retirer est certainement très éphémère, puisque demain, un autre saura
mieux vendre sa camelote que nous et nous supplantera sur l'autel de la reconnaissance et de la célébrité.
Vos murmures