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9 mai 2006 2 09 /05 /mai /2006 10:20
Finalement, ce rêve a été salutaire.
Petit retour en arrière pour mieux me comprendre....

Evidemment, tout vient du père.
Tout vient toujours du père. Les bleus du corps comme les bleus du coeur.
La douleur physique s'oublie, jamais celle qu'il a laissé sur mon âme, comme une cicatrice sur ma peau qui me rappelle combien il est laid.
Les coups, je les pardonne parce que j'ai compris, j'ai compris ce qu'il avait vécu enfant, et qu'il me fasse subir la même chose est anormal mais logique...

Mais il m'a écorché, il a écorché l'image de l'amour. A douze ans, c'est dommage de ne plus y croire...
Mais c'est à cause de ça que je suis devenue "ça" : la même chose que lui. A exécrer ce qu'il représentait, je suis devenue ce qu'il était.
Mais de façon très paradoxal : un mariage précoce pour croire au bonheur, des tromperies pour le chercher...

Pourtant j'y croyais, j'y croyais comme une action salutaire, qui sauverait mon âme des griffes du père, de son emprise sur mes actes. Comme une conjuration sur le sort qu'il m'avait jeté. Prouver que moi, je peux réussir un mariage, que je ne suis pas comme lui...
Mais je m'y suis doucement faite bernée. Le père me hante durant 5 années. O. ne fait rien pour arranger tout ça.

Là aussi je me suis trompée en plus de le tromper. Il n'est pas le prince charmant, il en est loin. Il en a l'apparence, mais ni le goût, ni l'odeur. D'ailleurs, il est sans saveur, presque transparent, presque inexistant dans ce mariage.... trop de problème lui-même pour pouvoir m'aider dans les miens. Et comme 1+1=3, chacun avec nos problèmes, on s'en créer un peu plus.
Il ne me voit pas comme je suis, il ne voit qu'un image de moi complètement faussée, une image qu'il s'est inventé, une femme parfaite à laquelle on ne touche surtout pas, de peur de la casser. On la déguise, on l'habille en poupée Barbie, on l'expose... mais on l'emprisonne aussi, de peur que quelqu'un nous la pique, on l'enferme, on la bride, on ne supporte pas les yeux des autres sur elle, même pas ceux d'une amie. Non rien, plus rien. Les autres n'existent pas, ils doivent sortir de sa vie.
Et je me suis retrouvée seule. Seule sans amis, seule dans mon couple puisqu'il vivait dans une autre dimension. Une dimension où l'homme garde jalousement sa femme sans jamais la toucher.
Frustation,  dépression. Je peux pas vivre sans les autres. Je me débrouille pour continuer à vivre, à survivre. Evidemment, ça passe par le mensonge, pas d'autres moyens. J'aurai pu le quitter à ce moment là, mais je n'avais pas le courage, je voulais tellement me faire croire que ce mariage fonctionnait, que j'avais réussi mon pari alors que j'avais complètement tout raté. Je ne voulais pas m'avouer mon échec.

Je le trompe. Me rend compte que c'est un signal d'alerte, qu'il faut que je me rende à l'évidence et qu'il faut partir. Je lui dit, il refuse, il veut une autre chance, je lui donne. Il a promis de changer, de m'offrir plus de liberté et de s'occuper de moi.
Mais il reste le même. Je ne lui demande pas grand chose : me désirer et me faire l'amour. Pour lui, c'est comme une hérésie, il m'aime, m'idôlatre même... et une icône, on ne la touche pas, ça la salit ; le sexe n'est pas digne d'elle. Je découvre ses problèmes avec effarement. Et tout ne fait qu'empirer...
Je ne supporte plus. Il passe sont temps à "fumer", à boire en regardant la télé et m'oubliant dans un coin. Il ne veut pas sortir, voire des gens, mais il refuse que je le fasse sans lui. Si je le fait, les crises de jalousie sont invivables.

Je manque d'amour, de caresses, de désir. Je le trompe. C'est à travers ces tromperies que je découvre que l'amour, ce n'est pas ce que je vis. Il faut que ça change, il faut que je me sorte de là, de ce gouffre où je m'enfonce un peu plus chaque jour, entre dégoût et mensonges.

J. est là. Mon ombre. Mon salut.
Il m'ouvre les yeux, sur mes erreurs, sur le leurre que représente ce mariage, sur mes problèmes enfouis au plus profond de moi. Il m'aide, tombée au fond du gouffre, il s'efforce de me sortir la tête de l'eau.... je nage vers lui. Je quitte O.


Voilà Papa, c'est à cause de toi de j'ai voulu me marier trop tôt, avec quelqu'un qui n'était pas fait pour moi sous prétexte qu'il était ton opposé.
Et c'est à cause de toi et tes tromperies que j'ai essayé ce que tu faisais.
Tromper, comme tu le faisais à Maman, sans état d'âme, sans éprouver de remord et de culpabilité. Je ne sais pas comment tu as pu faire.
J'ai essayé, j'ai su faire.... mais un jour, la culpabilité m'a rattrapé, parce que j'ai une âme. Toi, tu n'en as pas, tu ne connaitras jamais le remord...

Aujourd'hui, je suis parfois hantée par la culpabilité, par le spectre du mensonge... 
Mais J. m'a appris à aimer. D'abord moi-même, m'accepter telle que je suis, accepter ce que je projette aux autres sans me cacher derrière un masque, érafler ma carapace. Et puis accepter d'être aimée et aimer sincèrement en retour, sans mentir, sans faux semblant. Connaître l'amour et renaître sous un nouveau jour....
Me voir enfin mère et donner de l'amour sans retour, sans condition, simplement... Etre une femme aimée et désirée, m'épanouir en étant moi-même et ne plus jamais me mentir. Bannir le mensonge de ma vie....

Je ne suis pas toi Papa.
Je ne recommencerai jamais. Je ne tromperai plus mon monde, ni moi-même.
Toi, continues de vivre dans ton monde, celui où tu n'as pas été marié, où tu n'as pas eu d'enfants, où tout n'est que paraître.


C'est du passé....




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Published by Not Me - dans Réfle(c)tions
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