Partager l'article ! [Sénégal] Dans le Delta du Siné Saloum: Tout d'abord, un peu de géographie africaine... Le golfe du Siné Saloum est situé au nord ...
T
out d'abord, un peu de géographie africaine...
Le golfe du Siné Saloum est situé au nord de la frontière de la Gambie, à environ 150 kilomètres de Dakar (la région en vert foncé en haut à gauche de la carte).
Ce delta est composé de deux fleuves qui se rejoignent avant de se jeter dans l'Océan Atlantique : le Siné et le Saloum,
qui forment un parc naturelle de mangroves et de marigots d'eau saumâtre particulièrement poissonneuse et offrant un refuge sublime de forêt de palétuviers aux oiseaux.
Nous avons donc mis les voiles direction Ndangane au 3ème jour de notre séjour au Sénégal.
Comme je l'expliquais dans ce billet précédent, Dakar n'est pas une ville de
villégiature, mais bel et bien une métropole active où fourmille la population, une ville relativement nouvelle qui n'offre pas de vieux quartiers historiques, et donc sans réel attrait
touristique, culturel ou architectural. De ce fait, il nous fallait quitter nos hôtes pour nous rendre plus loin sur la côte et découvrir d'autres endroits.
Pour se rendre à Ndangane, pas d'autres solutions que le taxi-brousse !
Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, il s'agit de vieilles bagnoles de type Mercedes 7 places que l'on prend à la gare routière et qui ne partent qu'une fois les 7 places occupées (ou
payées).
A savoir que ces voitures ont généralement au moins 30 ans et 800000km, qu'elles tiennent avec du scotch et de la ficelle, qu'elles puent le gasoil et que les amortisseurs y sont
inexistants !
C'est très épiquement que nous avons fait le voyage de Dakar/Mbour/Joal/Samba Dia/Ndangane ! Pas moins de 3 changements de taxi, autant de négociations de
prix... en sachant qu'en bons toubabs, nous payons le double, voire le triple des locaux (ce qui les fait bien marrer d'ailleurs !) mais c'est le jeu et pour tout dire, au final, nous
avons fait 150 bornes pour moins de 15 euros... et on a bien rigolé !
Cinq heures de trajet, entre asphalte et piste de latérite, nous sommes arrivés à notre lodge des "Cordons Bleus" complètement fourbus mais repus de paysages et heureux de découvrir le village où nous allions séjourner les deux prochains jours.
Le lendemain matin, j'ai voulu faire une longue balade à cheval sur les rives du fleuve, avec Safari, le canasson prêté généreusement par le propriétaire de l'hôtel... vu que notre idée de départ d'une rando à cheval a été annulée puisque les chevaux du ranch que nous avions repéré étaient déjà partis depuis 10 jours !
Mais mon périple s'est soldé par une belle grosse allergie avec urticaire et difficultés respiratoires - non mais n'importe quoi moi ! - et j'ai préféré plonger dans la piscine d'eau salée pour me décongestionner (non sans avoir pris moult cortisone et anti-histaminiques).
Du coup, nous avons décidé de prendre la charrette et de nous laisser guider à travers la forêt protégée de rôniés (sorte de cocotiers) de Samba Dia...
... en passant par Yeyem, le petit village de notre guide Makhtar, totalement perdu et isolé en pleine terre, où celui-ci nous accueilli comme ses amis, à partager un repas de poisson épicé avec sa famille...
Dans la cour, chez Makhtar, les cases en arrière-plan sont les chambres...
Catherine, la cousine de Makhtar...
Je dois vous dire que Makhtar est la plus belle rencontre de notre séjour !
Nous avons quitté Makhtar en fin de journée, avec la promesse de se rendre dans sa chambre au village le soir, pour prendre le thé sénégalais et nous avons enchaîné une balade en pirogue au milieu des mangroves...
Avec Ali, notre piroguier, nous avons pris les bras du fleuve, à la recherche des martins pêcheurs, aigrettes, ibis et autres pélicans en
passant par l'île de Mar Lodj, à la rencontre des villageois qui vivent sereinement de la pêche et de leur artisanat. Nous avons pu y
découvrir la simplicité d'une vie tranquille, paisible et harmonieuse, avec des scènes de vies remplies de joie et de rires !
Au détour d'une plage, nous avons même pu admirer les superbes musculatures des dieux vivants du Sénégal : les lutteurs !
Car ici, le sport national est la lutte, appelée Laamb en wolof, qui confère
aux sportifs un statut privilégié et le respect de chacun par sa nature folklorique et traditionnelle. Les jeunes ne désirent qu'une seule chose : devenir des lutteurs ! Ce qui explique le
fait qu'où que vous soyez au Sénégal, vous verrez toujours des jeunes hommes courir (en marche arrière - dans des côtes si possible !) faire des pompes et des abdos, soulever des poids,
etc...

Le soir venu, nous avons donc profité de l'hospitalité de Makhtar et goûté au thé sénégalais
(thé à la menthe un peu plus corsé que le thé marocain). Ce garçon d'une gentillesse sans égal, aux fortes valeurs et principes, nous a parlé de son parcours, de sa vie dans son pays
qu'il aime tant ! Car malgré un échec en gendarmerie, Makhtar a su rebondir et mène une vie agréable en tant qu'homme à tout faire dans l'hôtel où nous
résidions. Plutôt bien payé, il peut à la fois bricoler (il fait de la menuiserie depuis qu'il a 10 ans et à construit son lit avec ses propres mains ! Une merveille !) et faire
découvrir sa région aux touristes en proposant de les guider avec sa charrette à travers les pistes dont lui seul connait le chemin.
Je garde un émouvant souvenir de ce garçon qui attend aujourd'hui de rencontrer une femme qui l'aimera pour lui, et non pour son argent comme
il nous l'a expliqué, et qui aide les enfants dans leur scolarité en attendant de fonder son propre foyer...

C'est sur un magnifique coucher de soleil et la tête pleine de souvenirs, le coeur empli de chants d'oiseux et avec la promesse de garder le contact que nous avons quitté la région du
Siné Saloum pour nous rendre vers la station balnéaire de Saly, où nous quittions
l'Afrique pour un week end hautement touristique en compagnie de nos hôtes de Dakar...
A suivre...
D'autres photos d'Elienaï sur son FlickR
Photos de Gallïane : FlickR


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