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Aujourd'hui, Monsieur-Murmures-moi-même va vous parler d'un truc qui fâche :
les billets sponsorisés.
Je pense qu'une bonne proportion des idées reçues à propos des billets sponsorisés provient de la méconnaissance du système. Je vais donc vous expliquer rapidement comment ça se passe, chez les
Murmures (que vous aurez l'amabilité de considérer comme représentatif de la catégorie petit-moyen blog pas top-wikio-influent mais avec un peu plus de 3 lecteurs).
Donc, nous acceptons trois sortes de billets sponsorisés.
Première
solution :
On est affiliés à une régie (ebuzzing par exemple) qui propose des billets sponsorisés à la cantonnade, rien de nominatif. Concrètement on peut voir sur l'interface de la régie que « telle campagne est disponible, manifestez-vous braves gens ». Si on est intéressé, on postule, et on est retenu.
Deuxième solution
:
La même régie peut aussi nous contacter en direct pour nous proposer, à nous Murmures spécifiquement, une campagne. En principe, c'est mieux ciblé, et mieux payé. Là on accepte, ou pas.
Troisième solution :
La plus old-school, c'est quand on est contacté directement par quelqu'un, sans passer par une régie. Comme pour Kali dernièrement, par exemple, tout se fait par mail avec des bisous à la fin. Là le prix est fixé à l'amiable.
Entre parenthèses, parlons pognon tout de suite, on sera débarrassés. Nous autres Murmures, on gagne entre
50 et 200€ par billet sponsorisé. Nous n'acceptons pas les billets moins payés (on a notre dignité), et notre trafic n'est pas assez conséquent pour
demander plus de 200€ pour l'instant, mais on y travaille (envoyez nous vos photos pour la prochaine mosaïque de gens à poil, merci).
Or donc, il y a un point commun entre ces trois voies : nous ne sommes jamais obligés de parler de tel ou tel produit, c'est nous qui choisissons les campagnes qui nous intéressent. Par exemple, dernièrement, on a laissé filer des campagnes sur des volets roulants parce que les volets roulants, c'est pas notre passion, même pour 150€.
Corollaire
:
On ne reçoit jamais de mail nous sommant de copier/coller tel communiqué de presse à propos de tel produit, merci les Murmures. Non. En revanche, il y a un brief pour chaque campagne, et évidemment, c'est le jeu, nous essayons de le satisfaire. Il s'agit en principe de mettre en avant les qualités du produit et d'insérer quelques mot-clés. En revanche, par respect pour les deux ou trois lecteurs qui vont malgré tout se taper le billet sponso, nous prenons toujours soin de le rédiger, si possible avec humour, de façon à le rendre au minimum plus intéressant qu'un publi-rédactionnel en page 15 du Paru-Vendu.
Alors vous l'aurez compris : pourquoi on ne dit jamais de mal des produits dans nos billets sponso ? Deux raisons. Premièrement, faut pas être hypocrites, dire du mal du produit c'est se griller auprès de la régie, adieu les billets sponso et le fric facile. Mais sauf que deuxièmement, la situation ne se présente jamais, puisque si nous trouvons un produit pourri, nous décidons très simplement de ne pas accepter la campagne, c'est aussi simple que cela.
Maintenant, j'aimerais comprendre pourquoi cette levée de bouclier contre le sponsorisé. J'ai l'impression que la critique se situe à deux niveau.
Un : la mention « billet sponsorisé » n'apparait pas, ou mal, ou pas assez gros, ou pas au début, etc etc.
Chez les Murmures, nous considérons que notre lectorat n'est pas dupe, et que comme tout être humain
normalement constitué, il pourra renifler un billet sponso dès le titre et ce, à 10km à la ronde. Mais si jamais, pour que le doute ne persiste pas, c'est toujours mentionné dans le billet. Et si
jamais jamais, pour nos deux ou trois lecteurs un peu bas du front, on a même créé une rubrique spéciale, « Du beurre dans les épinards »,
qui veut dire ce
qu'elle veut dire, et qui regroupe tous les billets sponsos.
Deux : le sponso, c'est mal.
Alors là, on arrive au gros morceau. Le nerf de la guerre.
Moi j'aurais bêtement tendance à penser que chacun fait ce qu'il veut avec son cul, ou son blog, ou les deux en même temps, mais manifestement ce n'est pas aussi simple pour tout le monde. Le tout le monde en question est en principe un ardent défenseur de la Pureté Éthique du bloggeur, un pourfendeur du grand capital et de toute cette pub qui nous empoisonne l'existence, un mec en jean DIESEL et chemise HUGO BOSS, un sac EAST PACK vissé dans le dos et un iPhone APPLE à la main, avec des CONVERSE ALL STAR aux pieds, sauf que lui il a claqué un smic pour faire le 4 par 3 ambulant, le con, mais bref.
N'oublions pas qu'il y a deux catégories de gens : ceux qui peuvent cracher
sur 300, 400, 500€ de revenus supplémentaires chaque mois, et ceux qui ne peuvent pas se le permettre.
Nous faisons clairement partie de la seconde catégorie. Et même le jour où on gagnera 3000€ chacun, je crois qu'on ne sera pas foncièrement contre se mettre un peu de maille à gauche, parce que dans notre pays de merde avec son système capitaliste de merde, l'argent fait le bonheur, c'est triste mais c'est comme ça.
La question du fric réglée, reste la principale : le sponso, c'est pas
éthique.
Alors bon, je vous le dis tout net, c'est là que je rigole. Parce qu'on a un savoureux mélange des genres, et
les bloggeurs qui défendent cette position se considèrent de toute évidence comme des journalistes, et ça c'est très drôle, ça démontre bien l'égocentrisme et la vanité du bloggeur casse-couille
moyen.
Le journalisme, je le rappelle, qui est une vraie profession,
avec en effet son code éthique et déontologique, qui énonce par exemple qu'on ne se fait pas rétribuer en espèces ou en natures pour parler d'un produit, à moins de clairement annoncer la
couleur. Là ok, d'accord. Sauf que nous tous, il me semble, nous ne sommes pas journalistes.
Et c'est quoi l'éthique du bloggeur-pas-journaliste ? Tu n'utiliseras pas
ton espace d'expression personnel pour faire et dire ce que tu veux, et surtout pas gagner un peu de sous ? Ah.
J'imagine que les tenanciers de cette pensée considèrent que les blogs sont l'ultime rempart entre nous et la
société de consommation, la frontière inviolable entre l'appartenance à un monde cruellement libéral et un espace d'expression personnelle vierge et épuré de toute considération matérialiste.
Tout cela est d'une naïveté émouvante. Décider que son propre blog restera à l'abri de tout mercantilisme est une position absolument défendable et
incontestable. Partir en croisade contre les « putasses » (je rappelle que les putes sont des femmes qui prennent un billet pour sucer la bite
potentiellement malodorante de parfaits inconnus) est au mieux, ridicule, au pire, une preuve flagrante qu'on n'a vraiment rien de mieux à foutre.
Alors parce que je suis sympa, je vais vous expliquer ma méthode, que j'ai mis au moins super longtemps à
élaborer, parce qu'elle est super compliquée.
Un : si un blog fait plus de sponso que de pas sponso,
je ne le lis pas.
Deux : si dans un blog que j'aime il y a un billet sponso qui ne me parle pas (ça se repère en une fraction de seconde, sérieusement), je ne lis pas le billet.
Vos murmures