Il y a quelques temps, je vous parlais de
l'odeur au
travail, plus particulièrement de celle des chiottes au boulot.
Je pourrais vous en reparler.Oui, je pourrais.Mais y'aurait redondance.
Et pourtant, y'aurait matière -
oui, c'est le cas de la dire - à en parler, tant ça ne s'est pas amélioré.
Là, j'ai envie de vous faire partager ma joie de retrouver chaque jour mes petits golmouths.
Non pas parce que leur QI de bulot mort ne dépasse pas le niveau de la mer, et que ça me dérange, non.
Ce qui me dérange, en revanche, c'est
l'odeur de foie de taupe en décomposition qui émane chaque jour de notre classe.
N'allez pas croire qu'on conserve un cadavre de ce mammifère dans notre armoire à fournitures.
On fait pas dans
la macchabophilie... Bien que des fois, je sois obligée de prendre le pouls de certains de mes élèves pour m'assurer qu'ils ne soient pas décédés, rapport à
leur activité encephallographique inexistante.
Donc, point de morts dans cette classe.
Et pourtant, il y plane une odeur très similaire à celle d'un charnier, une sorte de mélange de pourriture organique et de vide-ordure.
Au début, je pensais que cela venait de l'usine d'à côté, aux rejets volatiles hautement cancérigènes, qui exhale une légère
odeur souffrée de choux pourris.
Vous constaterez à ce moment là de la narration que non seulement je vis dans le bled le plus moisi de la création du territoire français, mais qu'en plus, je
vais y crever d'un cancer si je ne déménage pas rapidement. Que du bonheur !
Bref, cette odeur persistante dans notre classe m'oblige à ouvrir les fenêtres et ce, quelque soit le temps qu'il fasse : imaginez donc le bonheur par
- 5°C dans le dos la
moitié de la journée.
Mais qu'en plus, l'odeur est toujours présente dans cette putain de classe !
Depuis peu, j'ai enfin découvert l'origine de cet attentat olfactif.
Ce n'est autre que mes élèves!
Certes, je vous avez déjà vaguement parlé de cette délicieuse jeune fille qui se parfume au désodorisant pour chiotte afin de masquer l'odeur nauséabonde de la litière pour chat qui émanait de
ses fringues et de sa tignasse.
Mais y'a pas qu'elle.
Y'a deux mectons aussi qui puent tellement que j'ai juste envie de sortir prendre l'air cancérigèe plutôt que de rendre mon déjeuner sur les genoux crasseux de leur pantalon qu'ils seraient
bien fichus de remettre le lendemain.
Je pourrais vous décrire leurs cheveux gras et pelliculés, les habits dégueulasses datant du trimestre dernier, ou encore leurs ongles longs et noirs.
Mais je préfère vous parler de l
eur hygiène bucco-dentaire ou plutôt de la pénurie de brosse à dent qui sévit actuellement à Bouseuxland.
C'est pas un détartrage qu'il leur faut, mais
un tailleur de pierre.
Pour enlever la couche de sédiments fossilisés sur leurs ratiches, faut y aller au marteau et au burin.
Bon après l'opération, il risque de ne pas rester grand chose du dentier.
Les caries cachées sous la plaque dentaire nous offriraient le magnifique spectacle d'un râtelier qu'on pourrait qualifier "d'aéré", des trous noirs immondes toutes les deux dents.
Y'a des jours où je dois me contenir pour ne pas leur demander si ils font grève du dentrifrice chez eux ou bien si leur brosse à dent est tombée en panne.
Merde là, j'en peux plus !
Cet aprèm', j'ai failli gerber mon hoki sauce blanche et mes coquillettes -
désolée Boo - quand
l'un d'entre eux est venu me parler dans les trous de nez.
"Putain mais bordel à queue de bouc ! T'as bouffé dans un cimetière ou bien ?"
avais-je envie de lui dire...
Quelqu'un aurait du papier d'Arménie ?
Vos murmures