Samedi 12 avril 2008

Non mais c't'arnaque !

Je bosse aujourd'hui.

Oui, je bosse de 8h à 12h alors que je bosse jamais le samedi.
En sachant que c'est également les vacances scolaires de ma zone et que je ne bosse pas le vendredi, donc que je devrais être en vacances depuis jeudi soir... vous imaginez bien comme j'ai la mort !

Et pourquoi ? Pourquoi me direz-vous ?
Pour la fameuse journée de solidarité instaurée par notre gouvernement bien-aimé.
Tout ça pour pouvoir faire le pont le lundi de Pentecôte et pour filer des sous aux vioc' !
Comme s'ils en voyaient la couleur... une bonne canicule et ça suffit pour régler le problème.





Donc, on profite des portes ouvertes du collège pour son trentenaire, on vient un samedi matin cirer les pompes des huiles du département, leur montrer des expos moisies, faire chanter faux la chorale, se goinfrer de petits-fours et de cidre éventé, et attendre des parents qui ne viendront jamais parce qu'ils sont, eux, partis en vacances...


La misère j'vous jure !




M'en fous ! A 16h je prends le train, j'me casse direction Paris !



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Jeudi 3 avril 2008

Il y a quelques temps, je vous parlais de l'odeur au travail, plus particulièrement de celle des chiottes au boulot.



Je pourrais vous en reparler.Oui, je pourrais.Mais y'aurait redondance.
Et pourtant, y'aurait matière - oui, c'est le cas de la dire - à en parler, tant ça ne s'est pas amélioré.

Là, j'ai envie de vous faire partager ma joie de retrouver chaque jour mes petits golmouths.
Non pas parce que leur QI de bulot mort ne dépasse pas le niveau de la mer, et que ça me dérange, non.
Ce qui me dérange, en revanche, c'est l'odeur de foie de taupe en décomposition qui émane chaque jour de notre classe.



N'allez pas croire qu'on conserve un cadavre de ce mammifère dans notre armoire à fournitures.
On fait pas dans la macchabophilie... Bien que des fois, je sois obligée de prendre le pouls de certains de mes élèves pour m'assurer qu'ils ne soient pas décédés, rapport à leur activité encephallographique inexistante.

Donc, point de morts dans cette classe.
Et pourtant, il y plane une odeur très similaire à celle d'un charnier, une sorte de mélange de pourriture organique et de vide-ordure.

Au début, je pensais que cela venait de l'usine d'à côté, aux rejets volatiles hautement cancérigènes, qui exhale une légère odeur souffrée de choux pourris.
Vous constaterez à ce moment là de la narration que non seulement je vis dans le bled le plus moisi de la création du territoire français, mais qu'en plus, je vais y crever d'un cancer si je ne déménage pas rapidement. Que du bonheur !

Bref, cette odeur persistante dans notre classe m'oblige à ouvrir les fenêtres et ce, quelque soit le temps qu'il fasse : imaginez donc le bonheur par - 5°C dans le dos la moitié de la journée.
Mais qu'en plus, l'odeur est toujours présente dans cette putain de classe !


Depuis peu, j'ai enfin découvert l'origine de cet attentat olfactif.

Ce n'est autre que mes élèves!

Certes, je vous avez déjà vaguement parlé de cette délicieuse jeune fille qui se parfume au désodorisant pour chiotte afin de masquer l'odeur nauséabonde de la litière pour chat qui émanait de ses fringues et de sa tignasse.
Mais y'a pas qu'elle.
Y'a deux mectons aussi qui puent tellement que j'ai juste envie de sortir prendre l'air cancérigèe plutôt que de rendre mon déjeuner sur les genoux crasseux de leur pantalon qu'ils seraient bien fichus de remettre le lendemain.

Je pourrais vous décrire leurs cheveux gras et pelliculés, les habits dégueulasses datant du trimestre dernier, ou encore leurs ongles longs et noirs.
Mais je préfère vous parler de leur hygiène bucco-dentaire ou plutôt de la pénurie de brosse à dent qui sévit actuellement à Bouseuxland.

C'est pas un détartrage qu'il leur faut, mais un tailleur de pierre.
Pour enlever la couche de sédiments fossilisés sur leurs ratiches, faut y aller au marteau et au burin.
Bon après l'opération, il risque de ne pas rester grand chose du dentier.
Les caries cachées sous la plaque dentaire nous offriraient le magnifique spectacle d'un râtelier qu'on pourrait qualifier "d'aéré", des trous noirs immondes toutes les deux dents.


Y'a des jours où je dois me contenir pour ne pas leur demander si ils font grève du dentrifrice chez eux ou bien si leur brosse à dent est tombée en panne.

Merde là, j'en peux plus !

Cet aprèm', j'ai failli gerber mon hoki sauce blanche et mes coquillettes -désolée Boo - quand l'un d'entre eux est venu me parler dans les trous de nez.


"Putain mais bordel à queue de bouc ! T'as bouffé dans un cimetière ou bien ?" avais-je envie de lui dire...



Quelqu'un aurait du papier d'Arménie ?



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Lundi 10 mars 2008

Ben non, la france s'arrête aux frontières de Tchernoville voyons....



cornichons-4.jpgVous ne révez pas, cette phrase qui me sert de titre, c'est l'un de mes élèves qui me l'a sorti.

Pour vous rafraîchir la mémoire, je travaille avec des gamins de  12 à 14 ans, dans un collège mais dans une section UPI, une classe pour déficients intellectuels en gros.

Ils sont gentils, ils sont mignons, mais ils sont bêtes - et ils puent, mais ça c'est un autre problème.
Oui, je me permets de dire qu'ils sont bêtes, parce qu'il faut appeler un chat un chat et que dans le temps, on les aurait appeler "idiot du village" "benêt" "débile" "godiche" "gourde", j'en passe et des meilleures...



J'imagine déjà d'ici les bonnes gens s'insurger de mon vocabulaire, de mon manque de respect, de mon ci, de mon là... mais réflêchissez deux secondes : vous croyez que je ferais ce taf si j'aimais pas bosser avec mes demeurés !

Oué, mes demeurés, mes gogols, mais golgoths... tant de petits noms affectueux que je leur donne, je sais que pas mal de gens peuvent s'offusquer, mais je m'en fous. Ce boulot, c'est moi qui ait décidé de le faire, j'ai voulu travailler avec des gamins "hors normes", c'est ce que je veux faire, et je m'en plains pas...

Mais bordel à queue de bouc !
Y'a des jours, vouloir les instruire, c'est un peu comme vouloir s'auto-fellationner (ou s'auto-cunnilingusionner vu que je suis une fille)...

C'est hard-core !

Quand je vois le temps qu'on passe à préparer les leçons, à s'investir dans des projets, à trouver le meilleur moyen de les intéresser pour les sortir un peu de leur échec scolaire et leur apporter un minimum de connaissances et de culture, y'a de quoi faire un dépression quand on voit le résultat !

Genre, 6 semaines à bosser sur l'Egypte pour s'entendre dire que le Nil, c'est une montagne, que le croissant fertile, c'est un gâteau à base de limon, que les pharaons habitent dans des phares ou pire encore, récupérer la copie d'un contrôle vide, sans aucune réponse alors que tu as passer des heures à leur expliquer en long en large et en travers chaque point sur lesquels tu les interroge... ça peut te donner des envies de petisuissidage !

Du coup, pour pas pétêr un câble, j'ai pris le parti d'en rire.
Au risque de paraître méchante, cynique et blessante.
J'use et j'abuse de moqueries, je stigmatise leurs défauts, je me gausse de leurs inaptitudes... parce qque c'est ça ou je pleure à chaque fois en rentrant du boulot !

Parfois, ça peut paraitre paradoxale de vouloir aider ces gamins et de me foutrent autant de leur gueule.
Mais c'est juste une nécessité pour ne pas déprimer, parce que je vous jure qu'il y a des jours où un légume aurait une encéphalogramme moins plat que les leurs.

Est-ce que ça fait de moi un personnel enseignant moins bien qu'un autre ?

Non, assurément non.
Je passe beaucoup de temps à les aider, à les écouter, à tenter de les comprendre et trouver les meileures solutions pour qu'ils puissent "imprimer "un peu ce que nous leur enseignons.
Je les écoute aussi, je me mets à leur disposition, chose peu fréquente dans leur milieu.
Je les encourage, je les booste, je les motive quand ils ont une baisse de régime...

Mais rares sont les satisfactions, rares de voir de réels progrès.
Mais je ne bosse pas avec eux pour ça. Je bosse avec eux pour leur offrir un cadre scolaire adapté à leur condition et pour qu'ils ne souffrent pas trop de la jungle collégienne... et ça, c'est déjà une victoire de les voir s'épanouir dans notre classe, loin des railleries et des moqueries de leurs camarades bien moins indulgents que je ne peux l'être quand je me moque d'eux, en dehors de ma classe !



Vous ne verrez plus jamais les cornichons de la même façon !     



  
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Mardi 22 janvier 2008
odeur-toxique.jpg
Aujourd'hui,
Docteur Galli vous parle des odeu
rs.



On aurait pu parler du délicat parfum d'une rose fraîchement cueillie, du bouquet corsé d'un vieux Mercurey, de l'odeur entêtante des fleurs de jasmin un soir de Mai... mais en fait, je vais plutôt vous parler du subtil fumet des chiottes !





Si les odeurs les plus suaves et les plus délicieuses sont souvent les premières choses qui nous viennent à l'esprit quand on aborde l'idée du nez, on oublie souvent que celui-ci est sollicité à longueur de journée... et pas forcément très agréablement !

Et surtout parfois, plus qu'il ne peut le supporter !

Oui, non mais parce que là, après moult années passées à la maison, dans mon cocon douillet que je parfume d'essences délicates de mon choix... depuis que je retravaille, je dois supporter les odeurs des autres.
Transpirations, crasses, graillon, poisonnerie, litière pour chat...
Autant d'odeurs qui assaillent mes narines chaque jour dans ma classe, au CDI, dans les couloirs, en salle des profs... et qui m'agressent régulièrement.
Le summum étant le désodorisant pour chiotte utilisé par une élève en guise de déo corporel pour camoufler la puanteur de quelques semaines d'omission de douche et de pipi de chat sur le linge sale !!!!
Pas la peine de se maquiller à la truelle chaque jour, pour commencer, il faut déjà se laver Mademoiselle !

Et oui, c'est mon quotidien !

Mais là où je m'insurge aujourd'hui, c'est que - bien que je ne la tolère pas plus des garçons - j'ai franchement du mal quand c'est une fille qui pue !

Merde alors ! On est sensée être des princesses : on est belle, coquette, on sent bon... et on fait jamais caca !


Oui, voilà où je voulais en venir (ppfffiouuu... quelle intro !)
Les filles, ça ne fait jamais caca, donc ça ne sent jamais... c'est bien connu !

Peau d'zob oui !!!

Y'a qu'à se rendre dans les chiottes réservés à l'administration au taf et tu comprends l'aberration du concept  La femme pue autant que l'homme... mais la femme, elle, elle est dans le déni total de son odeur.

Alors quand tu es comme moi, une "tea addict", les chiottes sont un peu comme ton second bureau, un passage obligatoire toutes les heures, genre une tasse, les chiottes, une tasse, les chiottes.. enfin tu me suis quoi ! Bref, si je suis à l'abri de la collique néphrétique, en revanche, c'est mon pif qui trinque !
J'ai tout intérêt de m'armer d'un masque et d'un tuba quand je m'y rend, parce que la vue et l'odeur, c'est un régal !

D'ailleurs je comprends toujours pas comment certaines s'y prennent : elles montent debout sur la lunettes des chiottes et vise les murs ?
Chais pas, là, je me questionne....

Et puis d'abord, comment font-elles tout simplement pour faire caca au travail ?
Moi, je peux pas. J'attends d'être chez moi, avec mes bouquins. Si si, je contrôle totalement mon transit. Hors de question que je fasse ailleurs que dans mon home sweet home...
Concept intéressant s'il en est cette capacité à se mettre "en veille", notamment quand je pars en voyage... mais faut pas que le séjour dure plus d'une semaine, si vous voyez ce que je veux dire !

Bref, tout ça pour dire que les chiottes des filles, c'est vraiment "nardine digoulasse" ( © La Bande à Fifi de Canal+), c'es très loin de sentir la rose une fille....et que même Jean Baptiste Grenouille, il supporterait pas !



Déception hein ?!!! Un mythe s'effondre....      






N.B. : Pour les naincultes, le titre fait référence au livre de Patrick Süskind "Le Parfum" dont le personnage principal est Jean Baptiste Grenouille... et pour en savoir plus, vous avez qu'à lire lebouquin ! :p   

         
     
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Dimanche 13 janvier 2008
pile-170-191.jpg

Dans la rubrique étudiante, je vous demande la fille remotivée !!!


Ben oué, après un très gros coup de mou , une envie d'abandonner ma licence parce que pas le courage,  l'impression de ne pas être à la hauteur et le peu de temps que je consacre à mes cours.... grâce au regroupement de ce week end,  j'ai non seulement retrouvé ma motivation, mais maintenant, je me tâte pour entreprendre une poursuite à mes études avec, pourquoi pas, un master* !




Oué, chuis complètement cintrée sur ce coup là !
J'ai même pas encore fini ma licence - c'est à peine si je l'ai commencé - et je me vois déjà en haut de l'affiche en master !

Si je pensais que la fac ne m'était pas accesssible, le regroupement, et surtout les profs, m'ont grandement rassuré sur le travail à fournir et mes capacités.
Déjà, avec un taux de réussite de 75%, cette formation à distance est vraiment plus accessible que je ne le pensais, et le niveau n'est pas aussi élevé que je le voyais. Juste un petit manque sur les méthodologies à pallier pour réussir les épreuves.
Et puis les perspectives d'avenir, avec de telles études, ça donne envie de continuer....
Je vous ferai pas la liste exhaustive de tout ce que je pourrai faire si je passe un master, mais ça donne envie d'y réfléchir.... surtout en sachant à quel point le CRPE est désormais difficile à obtenir, juste par écrémage en rapport avec le taux croissant de personnes qui s'y présentent !
Professeur des écoles, c'est ce qui me plairait le plus comme métier... mais il y a tant d'autres métiers intéressants dans les sciences de l'éducation que je me tâte ! (enfin pas trop fort quand même, je préfère quand c'est Monsieur qui me tâte !)

J'avoue qu'après la déconfiture subite après quelques années à travailler dans ma branche de départ (la communication), j'avais plus ou moins compris que y'avait eu erreur d'orientation au lycée. Mais là, plus que jamais, je sais que je me suis complètement trompée, et que j'avais bel et bien le niveau d'aller en fac et de faire quelque chose de ma vie.
Aujourdh'ui, pleine de regrets, j'avais entrepris de faire cette licence, à la fois pour obtenir un niveau que je n'avais pas (bac +3) et tout autant pour me prouver que j'aurai pu faire ce genre d'études... et maintenant, je me dis que j'aurai pu faire encore mieux, que j'aurai pu avoir le niveau bac +5 !
Je dois bien le dire, ça me fait mal au cul de m'être autant dévalorisée, de m'être autant sous-estimée et d'avoir fait un BTS par peur de l'échec à l'uviversité !
Alors voilà, la question se pose... si j'obtiens ma licence, vais-je poursuivre en master ou m'arrêter là ?
Et si je vais en master et que je me ramasse parce que finalement, je n'ai pas le niveau ?
Mais n'est-ce pas préférable d'aller se casser la gueule et de se dire qu'au moins, on a essayé... que de vivre le restant de ces jours avec les regrets de ne pas avoir essayer cette poursuite d'étude ?

Bref, avant de mettre la charrette avant la vache, je vais d'abord me consacrer à ma première année de licence et j'y réfléchirai l'année prochaine, quand j'aurai déjà passé ma première vague d'UE !

Surtout que si je me décidais à poursuivre un master en enseignement à distance, je resigne pour 4 ans d'études !
Autant dire que je serai diplômée à 35 ans environ - oui parce qu'il faut bien prendre en compte qu'il y a les possibilités de redoublement en cas de cassage de gueule aux UE - et qu'en attendant faut aussi que je bosse (un peu) ! Sans oublier la vie de famille, la vie de femme, la vie tout court.... Et là, ça me fait moins rire...


Mais bon, la route est longue et sinueuse, petit scarabé, pour qui veut réussir !




* master : pour ceux et celles qui n'auraient pas suivie la denrière réforme unviversitaire de l'éducaton nationale, le cursus DEUG Licence Maitrîse Dea/DESS Doctorat n'existe plus. Désormais, on parle de LMD = Licence Master Doctorat, histoire d'uniformiser les normes européennes et de relever le niveau d'étude. La licence en 3 ans, le Master en 2. Puis le doctorat. Pour en savoir plus : ici sur Wiki


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