Contes des nuits noires

Dimanche 14 décembre 2008 7 14 12 2008 21:24

 

Je pourrais me comparer à une mer.

Parfois calme, souvent déchaînée.

Une eau claire au bord d'un rivage idyllique mais trouble en profondeur, là où s'ouvre une abysse insondable et ténébreuse.


Je suis également un océan.

Immense, imprévisible, capricieux, instable.

Où je me noie en moi-même, où je me perds dans l'immensité de ce que je suis ou crois être.


 

De temps en temps, une vague de questionnement refait surface.

C'est un phénomène cyclique, comme la pleine lune ou les solstices. Régulièrement, ma vague à l'âme vient se fracasser sur l'échine de ma psyché.

Quand les éléments extérieurs s'ourdissent contre moi, son ressac est encore plus fort, plus pénétrant, plus violent...

Ils provoquent un raz de marée en mon âme, ma conscience perd pied et ma tête devient le théâtre d'un chaos apocalyptique.


Je suis alors submergée.

Je ne contrôle plus mon navire, je ne suis plus le capitaine de ma vie, j'ai juste la terrible impression d'être le spectateur d'une tempête dévastant tout sur son passage, détruisant les faibles piliers qui maintenaient mes fondations.



Je ne sais comment j'arrive à maîtriser mes pulsions les plus macabres.

Peut être en pensant à mes petits poissons, ceux qui comptent sur moi pour les guider dans les méandres des courants contraires, ou encore en m'accrochant à celui qui m'a repêché plus d'une fois et sauvé des eaux troubles où je ne tentais même plus de me débattre.


Mais jusqu'à quand tiendrais-je la barre sans la lâcher ?

Jusqu'à quand serais-je capable d'affronter le grondement sourd de cette déferlante irrationnelle ?

Combien de temps vais-je me maintenir à flots avant de sombrer définitivement dans mon abîme ?


Je coule à pic, je bois la tasse, je m'étouffe....

Soulagerais-je mes souffrances en avalant définitivement l'eau de ma vie ?


Ce n'est pas une solution.

Je n'ai pas de solution.


Je reprendrai une fois de plus les mots de Prévert : Je suis comme je suis...


Mais qui suis-je ?      


- Par Gallïane
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Mardi 7 octobre 2008 2 07 10 2008 21:48

Parfois, il suffit d'une seconde pour que votre monde s'écroule.


Il suffit d'une image, d'une parole…

Je viens de vivre les plus longues secondes et minutes de ma vie.

En un instant, ma vie a basculé. Il m'a suffi de passer un examen médical.

Cette examen, c'est une échographie morphologique, un examen que toute femme enceinte attend avec impatience. Une sorte de rendez-vous avec son futur enfant.


Il suffit que le médecin s'attarde un peu sur les pieds de votre enfant, dans un silence absolu.

Et quand il prend enfin la parole, c'est pour vous dire qu'il y a un problème.

Choc, incompréhension, interrogation... Mais impossible de parler, les mots restent coincés. Silence, mesures, calculs… J'échange des regards interrogateurs avec le père de l'enfant, lui-même sondant le regard de l'obstétricien.

Enfin, le médecin se prononce : il s'avère que l'enfant présente des malformations aux deux pieds, qu'il semble être incurvés vers l'intérieur.

Le diagnostic est posé : pieds bots varus equins bilatéraux.


Il suffit d'une phrase pour vous prendre un mur dans la figure, qu'on vous coule les pieds dans du béton et qu'on vous jette à la mer…

Vous nagez en eaux troubles. Vous entendez mais vous ne voulez pas écouter.

Impossible de réfléchir, le cerveau se fige et le cœur se gèle.

Hors de question d'écouter ça, de comprendre ce qu'il se passe…

Pourtant, tout à l'air d'aller bien, Le bébé bouge, je suis en pleine forme, je suis épanouie….

C'EST IMPOSSIBLE !!!


A la fin de l'examen, l'obstétricien nous explique qu'il va immédiatement prendre rendez vous pour nous chez un spécialiste néo-natal à Clermont Ferrand, qu'il va lui rédiger un courrier, lui transmettre les images de l'écho, que je vais certainement devoir subir une amniocentèse.

Il commence à nous expliquer qu'il est probable que ça s'arrange avec des attelles, ou des chaussures, peut être de la chirurgie.

On me donne le rendez vous chez le spécialiste.

Dans dix jours… Dix jours…mais c'est une éternité !!!

Je suis effondrée, abattue, je me dis qu'il ne peuvent pas nous laisser dans l'incertitude durant tout ce temps, qu'il n'est pas concevable d'être ignorants durant cette période.

Nous sortons de l'hôpital dans le silence, murés dans l'incompréhension de ce qui nous arrive, dans l'interrogation, dans le poids d'un évènement inattendu et absolument impossible à concevoir.


Je suis dans l'incompréhension la plus totale totale.

J'ai beaucoup de mal à réaliser, ou plutôt, je m''interdis de réaliser ce qui se passe.

Puis je me rend compte à l'évidence que je ne peux me cacher la vérité.

Le ciel vient de me tomber sur la tête, rien ne peut plus me toucher encore.


Je m'empresse de regarder les sites spécialisés sur le net, de me documenter, avide d'en savoir plus, avide de comprendre, me rassurer qu'il ne s'agit de rien du tout, d'une chose totalement bénigne et qu'il n'y a pas de quoi s'alarmer.

Bien évidemment, il y a deux cas : soit effectivement, rien d'irrémédiable et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…soit c'est la fin du monde !


J'imagine le pire comme le meilleur.

J'imagine qu'il faille subir la perte de mon enfant en cours de grossesse.

J'imagine la douleur de l'enfant durant des années si il doit subir des interventions chirurgicales à répétition, sans avoir l'absolue certitude qu'il marche un jour correctement.

J'imagine le courage, la force, le mental qu'il va nous falloir pour traverser ces épreuves.

J'imagine qu'il lui suffira de porter des attelles ou des chaussures orthopédiques, contraignants, mais si loin du milieu hospitalier.

J'imagine aussi que ça reviendra tout seul après la naissance, ou bien même avec des bandages durant les premiers mois de sa vie.

J'imagine que l'obstétricien a fait une erreur de diagnostic et qu'en fait, mon enfant n'a rien du tout.

J'imagine que je fais un rêve, un cauchemar et que je vais me réveiller.

Je me surprends à ne plus vouloir cette grossesse.

Je culpabilise.


On me dit que cette culpabilité est normale, mais totalement inutile.

Mais comment faire pour la parer ?

Je ne comprends toujours pas ce qui m'arrive…

Enfin si, mais disons que j'ai l'impression de voir un mauvais film, d'être spectatrice des évènements.

Je me sens seule, et en même temps, je suis très bien entourée…

Je me sens seule devant l'adversité, la fatalité, devant les décisions que je vais devoir prendre…

 




Texte écrit le 18 juin 2003,
au cours du 5ème mois de grossesse...

- Par Gallïane
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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 07 2008 13:50
Les copains virtuels,


On s'excuse, mais aujourd'hui, le blog sera en berne.





La mauvaise nouvelle est tombée :

 Monsieur n'a pas eu son concours tant espéré.


Adieu veaux, vaches, cochons, couvées...

Nous ne déménagerons point cette année.

La loose s'est une nouvelle fois abattue sur nous, mais on a l'habitude.
On continuera à vivre d'amour, d'eau fraîche et de sexe.
Surtout de sexe !

.

Merci de votre compréhension !



~~~ ~~~ ~~~ ~~~



Note de Monsieur Murmures : pas d'apitoiement, merci, j'ai assez la mort comme ça. Le premier ou la première surpris(e) à me dire des trucs relous sera ligoté, fouetté, et donné à manger aux cochons.
En revanche, vous pouvez m'envoyer des photos de vos seins pour me consoler.



~~~ ~~~ ~~~ ~~~


* Hé les naincultes, on se culturise en me donnant la référence cachée dans ce billet et on me fait une explication de texte sur la signification de l'expression du titre. Et pas de Google qui tienne...
- Par Gallïane
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Dimanche 8 juin 2008 7 08 06 2008 21:15


Hé oui ! Vous n'alliez pas croire que vous alliez vous débarasser de moi comme ça... je suis une vraie carne, une teigne, plus forte que la peste, le choléra et la diphtérie réunis.... je vous survivrai tous !

MOUAAAHHAHHHAAAAAHHA !!!!


Pire que les chats, non seulement je retombe toujours sur mes pattes mais en plus, j'ai pleins de vie (là je compte plus hein, parce que ça ferait trop peur !)

Bref, je suis de retour !


Bon ok, je suis un peu faiblarde avec mes 9 de tension, mes 16 000 leucocytes qui tentent de combattre les germes du Mal et mon anémie approchant celle d'un vampire anorexique !

En revanche, j'ai trouvé LA solution, LE régime dont aucun magazine féminin ne connait le secret, LA recette miracle pour perdre les kilos superflus avant l'été : l'hospitalisation !

Out les "oenobiol diet", has been les "slim fast" et autres conneries de ce genre, une bonne dizaine de jours à l'hosto avec une sonde naso-gastrique et vous retrouvez une taille de guèpe que même avant vous avez jamais eu !


Bon allez, je vois que vous trépignez d'impatience de savoir dans l'ordre à peu près chronologique (oui hein, excusez du peu, j'ai encore des neurones qu'ont grillé pendant mes poussées de fièvre à 40°C) donc voilà un condensé de résumé de mes péripéties médicales au pays des médecins incompétents :


Je vous laissais donc mardi 27 mai sur un message vous informant que j'entrais à la clinique de Tchernoville le lendemain pour être opérée en urgence le jeudi (oui, les urgences à Tchernoville, faut pas être pressée) d'un abcès dans ma trompe de Salope Fallope parce qu'une vilaine salpingite s'était installlée tranquillou comme si l'endométrite précédente avait pas été suffisante !
Non, non, je déteste faire les choses à moitié, donc comme j'avais deux jours à tuer avant l'opération, ben j'ai décidé.... enfin, mon abcès a décidé pour moi... de se transformer en péritonite pelvienne, histoire que ça soit vachement plus drôle  !

Plus drôle parce que vachement plus douloureux, plus drôle parce que vachement plus dangereux - genre mortel hein - vachement plus drôle parce que sinon, ça aurait été vraiment trop trop simple et que j'aurai pas eu grand chose finalement à vous raconter sur ce blog !

Et puis surtout, n'oublions pas le fabuleux passage des 3 heures de fièvre à plus de 40°C sans paracétamol ni ibupofène pour pouvoir faire des hémo-cultures, c'est à dire déterminer quels germes tentent de m'exterminer.
C'est sympa, ça mange pas de pain, ça fait boire 500 litres d'eau minimum, pisser toutes les 35 min et légèrement délirer (et accessoirement pleurer !)

Bref, une chouette opération avec à la sortie un bon 500 ml de pus bien purulent extirpé tant bien que mal de mon abdomen (et bon appétit bien sur - non, ne me remerciez pas, c'est gratuit, je suis comme ça !)
Un joli trou sous le nombril, un autre sur le côté gauche et un autre un plus gros à droite avec un joli tuyau duquel se déverse un liquide d'une couleur indéfinissable.... un drain qu'ils appellent ça, avec un joli bocal au bout que les infirmières ont le bon goût de nommer mon "sac à main".... Ellles sont mignonnes !

Je vous parle pas non plus de mes bras, qu'une junkie à côté de moi, elles aurait l'air d'une nonne tellement on m'a piqué, ni de mes 5 poches d'antio-bio, anti-douleur, fer/hemmoglobine en perfusion non stop...

Je vous passe également l'état comateux de la première journée après l'opé et je passe directement à la suite qui devient tout de suite beaucoup mais alors beaucoup plus palpitante pluisque que c'est le grand moment du vomi !
Alors, sachez qu'un corps humain est capable de déverser des litres et des litres de bile sans jamais se tarir.

Oui, c'est comme ça... c'est fantastique le corps humain !

La bile en plus, c'est chouette : entre le marron caca d'oie et le vert fluo, ça sent presque pas mauvais, et c'est pas épais (oui, je sais, bon appétit encore !)
Par contre, c'est fatigant !
Pas la bile hein, mais de vomir... les spasmes, les contractions du diaphragme, remplir un haricot, le vider, le re-emplir, en remplir un autre pendant que Monsieur revide l'autre.... enfin vous voyez quoi !

Vraiment une expérience à vivre !

Du coup, commme ça faisait peur à tout le monde et que ça devenait chiant de ramasser mes vomitos, z'ont décidé de me foutre un tuyau d'arrosage dans le nez qui descendait jusque dans mon estomac pour aspirer tout le liquide qui voulait pas rester dans mon corps pourri !

Et ça a duré quatre jours comme ça, tout ça parce que mon connard d'intestin avait décidé de faire une occlusion fonctionnelle, de peur que la péritonite monte jusqu'à lui. On lui a dit pourtant qu'elle était pelvienne cette péritonite, pas de quoi en faire un caca nerveux (ahah, mes vannes sont de pire en pire) mais qu'il est con cet intestin !
Bref, j'ai échappé de justesse à une troisième intervention.... non parce que bon là, j'avoue, j'en avais un peu plein le cul (toujours aussi géniale mes vannes !)

Enfin bref... on a fini par m'ôter mon tuyau, à me redonner un peu de nourriture - si si, de la vrai, pas dans une poche transparente avec marqué dessus glucose et chlorure de sodium - et puis on a fini par me relâcher samedi matin, estimant que j'étais désormais hors d'état de nuire danger !


Pour finir, je voulais tous vous remercier pour vos mots, vos cartes, vos commentaires, vos soutiens et votre sollicitude que Monsieur me donnait chaque jour... Monsieur qu'il va falloir d'ailleurs canoniser pour avoir su si bien s'occuper de moi tout en gérant à la fois son travail, son concours et les enfants.



Merci encore une fois à tous !

Et Bordel que c'est bon de retrouver sa maison !





Je vous accorde que ce récit n'est pas aussi drôle et désopilant que j'aurai voulu vous le conter, mais je suis telllement crevée que j'ai bien du mal à aligner les mots, donc ne m'en voulez pas si ce billet est un peu minable alors que je vous avez habitué à plus drôle comme anecdocte !





N.B. : pour les gros mots médicaux, je vous laisse avec Wiki parce que j'ai vraiment trop la flemme de linker !
- Par Gallïane
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Mardi 27 mai 2008 2 27 05 2008 12:28

Comment qu'on dit déjà ?

Jamais deux sans trois.


Oui, c'est ça !



Donc, récapitulons :

Mon connard de stérilet à rien trouvé de mieux, il y a quelques semaines, que de se faire la malle au fin fond de mon utérus et de provoquer une infection appelée "endométrite".

1 - Hospitalisation en urgence pour ôter la bête, qui a rien trouvé de mieux que de me fourrer des germes dans le sang, et que je me retrouve avec une "septicémie" qui me donne une fièvre de cheval : piqûres d'antibio et médoc à donf pour endiguer le mal.

2 - Mon corps a moyennement apprécié qu'un tas de microbes à la con tente de l'envahir sournoisement, genre on se planque tous derrière ce leucocyte et on l'attaque par surprise à 3 : mon premier tour en ambulance et une deuxième hospitalisation pour décharge bactérienne, à base de convulsions qui font peur à Monsieur et de poussée de fièvre à 40°C !

3 - Depuis dimanche, nouvelle attaque de la fièvre, mal au bide.
Hier, mon médecin traitant incompétent me dit "d'attendre de voir" en prenant du Daffalgan (lui, je le retiens !).
Ce matin, consultation en urgence avec mon gynéco, échographie... verdict : abcés dans une trompe, salpingite, troisième hospitalisation.


Quand je vous dis que je suis maudite, cette fois, j'en ai la certitude.
Quelqu'un m'a marabouté, j'ai le mauvais oeil, je vois que ça !
Ou alors, je suis punis pour toutes les mauvaises actions que j'ai faite dans cette vie et celles d'avant...


Bref, je suis en train de mourir de la fièvre supersonique à 39°C, de douleurs "pelviennes" comme si qu'on avait gonflé ma trompe à l'hélium, et mon moral est, je dois l'avouer, se trouve six feet under.

Déjà, parce que je suis trèèèèèès fatiguée, que physiquement, ça commence à être long cette comédie... et que moralement, ça me pèse très très lourd.
Surtout quand le médecin m'a avertie qu'il y avait une possiblité pour qu'il soit obligé de m'ôter la trompe si jamais l'infection était trop profonde...

Oué, là, Mesdames, j'imagine que vous me comprenez.


Bref, vous comprendrez que le blog va être un peu délaissé les jours à venir, je rentre à la clinique demain matin 10h, je subirai ma coelioscopie que jeudi matin et je n'ai aucune idée de quand ils me laisseront ressortir.
En attendant, faut juste que je ne décède pas, que l'infection ne s'aggrave pas et que je ne finisse pas aux urgences de Tchernoville !

Autant vous dire que j'appréhende à mort les jours à venir, entre l'opération, les mauvaises nouvelles qui pourront en découler et l'idée d'être obligée de partager une chambre avec un suppot de Satan une nouvelle Madame Durin !

Sans compter sur ma grande Louloute qui risque de mal prendre le fait que je sois de nouveau hospitalisée. Déjà que la dernière fois, ça l'a grandement perturbé.


Bref, j'ai juste envie de mourir au fond de mon lit, de ne plus souffrir et oublier toute cette merde qui me tombe sur la gueule en ce moment.




P.S. : Pour les fleurs et les couronnes (pas de plaques merci), veuillez contacter Monsieur à l'adresse située en haut à droite de ce blog ! Merci.

- Par Gallïane
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